Description Olfactive
Cornette se dévoile comme un portrait ancien ravivé par une
lumière inattendue, presque irrévérencieuse. À l’image de "La Femme à la cornette"
de Rogier van der Weyden, le parfum s’ouvre sur une impression de
retenue, de verticalité, presque austère. Une élégance silencieuse,
faite de plis nets et de lignes pures, où chaque note semble tenue comme
le tissu amidonné de la coiffe : précise, disciplinée, presque sacrée, voir spirituel.
Mais très vite, quelque chose dévie...
Sous
cette apparente rigueur surgit une texture plus trouble, plus tactile. Celle des craies grasses de notre enfance. Une matière douce,
légèrement cireuse, presque poudreuse, qui évoque les doigts tachés de
couleur, les dessins imparfaits sur le bitume chaud, et cette sensation
si particulière de pigment qui accroche la surface. Le parfum glisse
alors du portrait légendaire vers la cour d’école, comme si la solennité du
tableau avait été subtilement colorée, débordée, puis réinterprétée.
Les
notes se superposent comme des couches de lumière : opaques, vibrantes, un
peu granuleuses. Il y a quelque chose de presque minéral et crayeux, mais
adouci par une rondeur lactée, une chaleur discrète qui rappelle le
soleil sur les trottoirs et l’odeur très spécifique des bâtons de
couleur qu’on pressait trop fort.
Pyramide Olfactive
- Feuille de violette / Styrax
- Musc végétal / Ambrette / Sauge / Bois d’encens
- Benjoin blanc / Santal
Création d'Anaïs Biguine